Vous avez eu à mon égard, à l’issue du dernier conseil municipal du 15 janvier 2009 un geste violent.
Vous avez voulu me frapper avec le pied d’un micro. Vous en avez été retenu par des conseillers municipaux. Ce geste est, à lui seul, l’illustration de votre comportement à l’égard des conseillers municipaux de la minorité.
Cette menace physique a été la conclusion d’une série d’insultes adressées à la minorité et à moi-même tout au long de la soirée.
Toute appréciation différente d’un sujet relatif à vos décisions politiques est vécue comme une attaque personnelle de votre compétence ou de votre action. Hors l’approbation, nulle autre expression au conseil municipal n’est admise sereinement.
Vous refusez à l’opposition le moindre espace.
Le conseil municipal, toujours, se réunit dans l’urgence et de façon aléatoire, tout comme les commissions. Souvent ces dernières sont réunies pour des détails de gestion municipale alors qu’elles sont rarement saisies des dossiers conséquents.
Les débats municipaux sont émaillés d’incidents. Vous les dirigez volontairement mal ; Volontairement, dans le débat, vous laissez votre majorité inorganisée face à une opposition qui s’est organisée après l’étude des ordres du jour. Vous pensez, ainsi, en laissant s’instaurer le débat dans le désordre que nos interventions, nos questions seront vécues comme autant de provocations.
Par tous les moyens, vous voulez que l’opposition aligne son opinion sur la vôtre. Les conseillers de la majorité se satisfont des informations que vous communiquez publiquement. A nos yeux, elles sont insuffisantes. Elles le sont aussi au regard des règles démocratiques.
Les saisines du tribunal administratif n’ont d’autre objet que de vous contraindre à remplir le devoir d’information vis à vis des conseillers municipaux puisque vous ne le faites pas. Un maire a le devoir de faire vivre le débat démocratique.
Aucune information ne nous est consentie spontanément. La rétention d’informations est systématique. Les photocopies pour la minorité sont payantes. Aujourd’hui encore, nous ne disposons d’aucun des moyens prévus par la loi. Vous voulez que tout dépende de votre bienveillance.
Le code général des collectivités locales vous impose de faciliter l’exercice de notre fonction de conseillers d’opposition. Vous, la quasi totalité de vos adjoints et quelques conseillers de la majorité vous y refusez systématiquement. Ainsi, vous pensez épuiser notre énergie.
Vous nous censurez dans notre expression publique. Les compte rendus municipaux dans Ouest France sont rédigés par une employée municipale.
Jeudi soir, votre attitude et celle de votre première adjointe est allé au delà.
Vous contraignez la directrice des services à ne nous délivrer les documents auxquels nous avons droit, qu’au compte goutte, et tardivement. Nos demandes, même écrites, sont souvent ignorées. Vous agissez ainsi pour que vos adjoints, vos conseillers municipaux et le personnel communal interprètent nos demandes comme des brimades.
Ni moi, ni mes collègues de l’opposition ne sont responsables si vous avez enfermée la directrice ainsi que le personnel communal, dans un conflit de loyauté entre l’amitié qu’ils peuvent vous porter et leurs devoirs à l’égard de l’opposition. La solidarité politique entre le maire et les fonctionnaires municipaux n’a pas lieu d’être.
Je vous invite à saisir le centre de gestion, l’autorité de tutelle et le procureur de la République de ce qui serait constitutif à vos yeux et à ceux de votre première adjointe d’une infraction répréhensible.
Ce courrier a pour seul objet de fixer dans le temps ce qui est plus qu’ un simple accident démocratique.
L’incident ayant été public, des accusations inconsidérées ayant été portées, je me réserve le soin de donner à cette lettre la publicité que j’estimerai utile.
Je souhaite qu’elle soit portée à la connaissance de chacun de vos conseillers municipaux. Vous pouvez la leur adresser en photocopie.
D’ores et déjà, je vous demande que ce courrier soit publié dans l’une ou l’autre des publications municipales.
Je vous prie, Monsieur le Maire, d’agréer l’assurance de mes sentiments respectueux.
R.RIBAULT
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