vendredi 13 septembre 2013

L’enfant à la marguerite ou l'équilibre sur un fil.


Il était une fois un enfant qui venait à l'école pour apprendre à lire et à écrire. Un jour il arriva avec une énorme marguerite dessinée sur son pull. La convenance voulait que le pull soit uni. Il continua malgré tout à venir avec un pull différent chaque jour de la semaine ; fleurs, carreaux, rayures.
Plusieurs enfants de son âge commencèrent à le montrer du doigt. Puis certains adultes, jeunes et moins jeunes chuchotèrent et firent entendre leur mécontentement.
... Que croyez-vous qu'il arriva ? Ou quelle fin souhaiteriez-vous pour cette histoire ??
Grain de sable dans l’engrenage, cailloux dans la chaussure, pousser les portes pour comprendre et vous informer de la vie à Bréal avec nos points de vue différents : la place de l’opposition reste délicate et nos personnalités fortes maintiennent le clivage. Nous en sommes tous responsables. Le fil est ténu quand il s’agit de dévoiler l’envers du décor. Posture d’équilibriste,  j’en prends le risque avec ce témoignage.

Je suis élue municipale, issue de l’association Bréal Autrement.
Une récente convocation d’une commission municipale a réuni 6 personnes : 5 membres de la majorité, et moi-même.  A l'Ordre du jour : 1) forum des associations     2) questions diverses.
Le point 1) a consisté en quelques remarques sur le forum à venir et l'arrivée de 6 nouvelles associations à Bréal
le point 2) ne contenait qu'une question : il s'agissait de répondre par écrit à l'association Bréal Autrement sur sa demande de participation au forum.
Ce point a été l'occasion pour la majorité d'argumenter et de justifier son refus.
L'an dernier, ce travail de dénigrement s'est déroulé au mois de juin 2012 et a duré 1h10 pendant laquelle je suis restée silencieuse, surprise par  l'énergie déployée pour dénier non seulement le droit à s'exprimer mais aussi le droit à exister pour cette association citoyenne. L'an dernier ce travail de démolition a duré 1h10 avec 7 personnes face à moi, agissant et s’exprimant comme si j’étais invisible. Cette année, a été la copie conforme : le même déroulement avec 5 personnes face à moi, et cela n'a duré qu'1/4 d'heure car j'ai jugé bon d’écourter.


7 ou 5 face à 1 à huis-clos me direz-vous, c'est parole contre parole, c’est interprétation et contre-interprétation. Mais à 7 ou 5 face à 1, c’est insoutenable, même si le ton reste calme. Derrière les mots qui cette année se voulaient posés, l'intention était la même, obliger les « gens qui dérangent » à rester silencieux.
A 1 contre tous, j’essaie de garder la tête froide et bien ancrée, et retrouver le sens profond de mon engagement. Lorsque les pensées d’exclusion se transforment en mots qui enflent, où nous entraine ce phénomène de groupe ? L’exclusion est en chacun, comment veiller à ne pas en faire un mode de fonctionnement ? La paix en France, s’est construite difficilement et sur des dizaines d’années. Ses bases fragiles sont basées sur une volonté de dialogue, d’informations, de formation, d’éducation sur notre histoire, d’éducation  au « vivre ensemble ». Ne mettons pas en péril par nos mots d’aujourd’hui, l’avenir de demain.
Pour moi, le plus important ce n'est pas la couleur du pull, mais bien que les conditions soient réunies pour que l'enfant sache lire et écrire en entrant en 6è.
Je salue ceux qui ont le courage d’avancer dans cette direction.
Marie-Noëlle Vansteene

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